Une quarantaine de médias supplémentaires, dont l’AFP, Radio France et le New York Times, ont rejoint à la mi-octobre une coalition mondiale des médias contre l’IA baptisée SPUR (Standards for Publisher Usage Rights). Portée à plus de 80 membres dans une vingtaine de pays, cette alliance ne concerne pas que les géants de la presse : elle redessine aussi les règles du jeu pour les blogueurs et les petits sites indépendants qui vivent de leurs propres contenus.
Que fait concrètement la coalition SPUR ?
Lancée en février par des fondateurs comme la BBC, le Financial Times et l’agence Associated Press, SPUR s’est fixé trois objectifs : aider les éditeurs à tracer l’usage de leurs contenus par les intelligences artificielles, repérer les reprises non autorisées, et négocier des accords commerciaux avec les entreprises qui développent des assistants comme ChatGPT ou Claude. La coalition vient d’introduire un Content Telemetry Standard, un format commun qui doit permettre de savoir précisément quand et comment un agent IA consulte ou réutilise un article.
L’arrivée de l’AFP, de Radio France, du New York Times, de L’Équipe ou de The Economist porte le mouvement à l’échelle internationale, avec notamment l’entrée d’associations d’éditeurs du Brésil, du Japon, de l’Argentine et de la Colombie. Le contexte est tendu : début octobre, USA Today et plusieurs titres de son groupe ont assigné OpenAI en justice pour contrefaçon de droits d’auteur.
Pourquoi cela concerne aussi les blogs et petits sites
Les très grands groupes de presse ont les moyens de négocier seuls avec les entreprises d’IA. Les éditeurs de blogs indépendants et de petits sites spécialisés, eux, n’ont ni le poids juridique ni l’audience pour peser dans ce type de discussion. C’est justement ce que vise le standard de télémétrie de SPUR : en uniformisant la façon de mesurer les reprises de contenu, il ouvre la porte à des négociations collectives dont pourraient aussi bénéficier des structures plus modestes, via les associations professionnelles ou les régies qui les représentent.
Pour un site qui vit de son trafic et de sa infrastructure d’hébergement, la question n’est pas théorique : si les IA génératives répondent directement aux questions des internautes sans renvoyer vers la source, c’est l’audience — et donc le modèle économique — du site qui en pâtit. Les mêmes mécanismes sont déjà à l’œuvre avec les résumés générés par l’IA dans les résultats de recherche, qui réduisent le nombre de clics vers les sites sources.
Un secteur de la presse déjà sous tension
Cette mobilisation autour de l’IA s’ajoute à des difficultés plus anciennes du secteur. La diffusion de la presse magazine en France suit une tendance de fond difficile, et chaque nouvelle source de perte d’audience, y compris les réponses automatiques des IA, pèse sur des équilibres déjà fragiles. Pour les rédactions comme pour les blogueurs, l’enjeu de SPUR est donc double : obtenir une rémunération quand le contenu est repris, mais aussi garder une visibilité directe auprès du lecteur.
- Plus de 80 médias et associations d’éditeurs membres dans plus de 20 pays.
- Un standard commun de télémétrie pour mesurer l’usage des contenus par les IA.
- Des négociations commerciales visées avec les développeurs d’assistants IA.
- Un contexte judiciaire tendu, avec des plaintes de groupes de presse contre des entreprises d’IA.
Questions fréquentes
Qu’est-ce que la coalition SPUR ?
SPUR (Standards for Publisher Usage Rights) est une coalition internationale d’éditeurs de presse lancée en février, qui vise à faire respecter les droits des médias face aux entreprises d’intelligence artificielle, en traçant l’usage des contenus et en négociant des compensations.
Les blogs indépendants peuvent-ils rejoindre une telle coalition ?
SPUR est d’abord pensée pour des médias et des associations d’éditeurs, mais l’uniformisation des standards de mesure qu’elle propose ouvre la voie à des négociations groupées dont des structures plus petites, représentées par des associations professionnelles, pourraient à terme profiter.
Pourquoi les médias s’inquiètent-ils autant de l’IA générative ?
Les assistants IA et les résumés automatiques dans les moteurs de recherche répondent de plus en plus souvent directement aux internautes sans renvoyer vers les sites sources, ce qui réduit le trafic et les revenus publicitaires des éditeurs, grands comme petits.
Sources
Stratégies —
U.S. News —
MediaCopilot
Cet article a été rédigé avec l’aide d’une intelligence artificielle. Politique éditoriale